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COUCOU !

8 Avr

Petite primevère, fraiche fleur du printemps, au léger parfum citronné lorsqu’il forme des tapis aux lisières des bois encore dépouillés de leur verdure. Les bourgeons des arbres commencent juste à s’émouvoir du retour du printemps que les coucous fleurissent déjà, avant même les violettes.

D’un jaune éclatant comme un rayon de soleil et au corps vert satiné de la jeunesse, les coucous nous attendent : les merveilleux bouquets à cueillir dans les vents d’avril, en frissonnant sous les cris des premières hirondelles.

Et puis un matin,  alors qu’on n’ose pas encore y croire car l’air est encore bien frais, le chant du coucou retentit à nos oreilles et dans notre cœur qui bondit. Ce bandit marque bien un battement spécial pour cet insolent coucou, une envie de soleil, de bras nus, de baisers enivrants sous les pruniers en fleurs, de rondes dans les pâquerettes sous les pommiers roses et blancs.

C’est le vieux Merlin qui nous prévient : attention, nous dit-il, méfiez-vous, réjouissez-vous, je vais sortir du bois et je ne resterai pas vieux très longtemps, je vais revêtir mon habit vert et reviendrai plus troublant que jamais, le vieux Cornu redevient Puck et vous ne pourrez pas me résister.

Alors, avec un bouquet de coucou dans le rayon de soleil sur la table, la fenêtre un peu ouverte pour forcer le destin et la météo, nous attendons que Mai vienne triompher sous sa couronne d’aubépine et de roses.

2010-04_coucous_maison

Faites chauffer la tondeuse …

20 Mar

… car voici venu le printemps. Mille et mille holocaustes de pâquerettes seront sacrifiés sous ses lames avides.

Dans la fumée bleue de la machine infernale je vais sacrifier aux rites du jardin dit d’agrément.  Comprenons nous bien, il s’agit pas d’une surface gazonnée digne d’un green (je hais le concept des golfs, mais ceci est une autre histoire), nous parlons ici d’herbes, et pas seulement du ray-grass ou de la fétuque et autres timides graminées. Non, il aussi question de pissenlits , de violettes, de quelques millions de pâquerettes, de boutons d’or, de chicorées, de chardons revanchards, de coquelicots égarés, d’orchidées rustiques , enfin de tout ce qui a décidé de pousser sur les surfaces enherbées du jardin et de l’ouche*.

Il faut dans l’immédiat  le rendre circulable à mon vieux cyborg de mère qui vient d’être opérée de la hanche. Une prothèse toute neuve qui va la faire courir tel un lapin de pâques.  Chez nous, on ne croyait pas à ces balivernes de Père Noël et autre trainard nocturne qui entrent chez vous sans y être invités. Par contre le lapin de pâques, lui, il existe. C’est connu tout de même. Même qu’il faut se lever tôt le matin pour récupérer le chocolat planqué dans le jardin avant qu’il n’arrive et ne rafle tout, sale bête.

Non je plaisante, je sais bien qu’il ne pique pas le chocolat… juste les œufs en sucre***.

lievre-de-mars

* ouche = vieux terme encore usité dans mes campagnes charentaises. C’est le pré attenant à une maison, planté ou non d’arbres fruitiers. Si vous avez la chance de vivre dans une commune épargnée par les remembrements, il est possible que l’ouche soit encore entourée de palisses**.

** palisse = vieux mot toujours employé dans le parler charentais qui désigne une haie vive. Elle voit fleurir à cette saison l’épine noire (prunellier) tandis que les ronces repartent à l’assaut de l’épine blanche (aubépine) qui fleurira un plus tard, vers mai en fait. Et puisqu’il s’agit d’une palisse près des habitations, on y trouvera des ajhars (érable champêtre) taillés en tétards avec des pieds de buis à petites feuilles, des sureaux aux feuilles précoces, des bonnets d’évêques (fusain d’europe), des sanguins (cornouiller), des viornes (viburnum lantana), des églantines, et puis aussi du lierre et au moins un nid de merle dont le propriétaire jaillira en protestant de toutes ses plumes, parce qu’il couve lui, et que vous avez intérêt à aller voir tout de suite ailleurs si vous y êtes.

*** pas grave, de toute façon je n’en raffole pas spécialement.