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Chantier d’hiver

13 Déc

Avec le retour de la saison froide c’est également le grand retour de la machine à coudre et des projets perdus en cours de route. Je suis plus que novice en couture, ma seule réussite est un pantalon d’été pour moi et des rideaux pour la penderie de mon neveu. Il y a plusieurs ébauches qui sommeillent profondément au fond des cartons à tissus : un cuculus, une paire de braie et une tentative de veste en laine plus contemporaine. Un magnifique tissu orange (orange? tiens donc!) m’avait séduit l’automne précédent et j’avais commencé à découper les pièces nécessaires à mon projet. Bien sûr, il y a beaucoup de détails qui ont disparu par rapport au modèle du magazine et aucun rapport avec le tissu préconisé.
Il faut bien admettre que mes vestes d’hiver arrivent au bout du rouleau après de plusieurs années de bons et loyaux services : les manches s’effilochent, les poches se désolidarisent et même les coutures d’épaule lâchent. Devant ce spectacle navrant, j’ai pris mon courage et mes aiguilles à deux mains, en faisant attention parce que les aiguilles ça pique. Me revoilà, envahissant la table du séjour, ajustant les aiguilles, faufilant, cousant et jouant du découpe-fil parce que c’était monté à l’envers, pour arriver à la dernière ligne droite : la fermeture éclair.
Après cela mon scaphandre orange sera prêt à porter et je prépare mon entourage à encaisser le choc : «tu vois quand je dis orange, hé bien … tu vois … c’est vraiment orange. »
J’avoue : j’ai squeezé les poches. J’ai eu peur de l’ampleur du chantier qui s’annonçait et ce n’est pas pour rien que j’appelle ma veste le « scaphandre » : j’ai pris une taille au-dessus pour ne pas être gênée aux entournures et doublé l’intérieur, des poches par dessus le tout auraient été de trop, sans compter que ma petite machine ne peut pas coudre des tissus trop épais. Comme il me reste du tissu, je pourrai toujours essayer de faire un sac assorti, il faudra y réfléchir sérieusement. En tout cas, je ne risque plus une attaque sournoise de courant d’air, il criera avant en voyant le scaphandre arriver sur lui.

Aiguilles et fil de fer

16 Jan

Le grand plaisir du tricot réside dans sa réalité.

En vérité, telles des Parques frileuses nous tricotons la réalité au bout de nos aiguilles.La grille ésotérique photocopiée dans une revue de l’art ou imprimée depuis un écran de la toile, nous la faisons notre.Les couleurs choisies affirment notre intention.

Nous choyons les pelotes convoitées et placées hors de portée du chat. Peine perdue : si les pelotes échappent à sa convoitise griffue, quelques poils égarés et flottant dans la pièce finiront insérés dans l’ouvrage alors qu’il essaie de voler ces aiguilles qui gigotent sous son nez en cliquetant*.

Une fois les conditions réunies : pelotes, aiguilles, modèles, temps nécessaires à l’ouvrage, un siège confortable qui soutiendra bien votre dos, le moment arrive où il va falloir tricher. Évidemment, le modèle n’est pas prévu pour l’épaisseur de la laine qui a ravi votre cœur de tricoteuse, et puis vous le voulez plus long, plus court, plus large, plus ajusté, pas avec ce type de manche, plutôt avec ce type de col …

L’aventure, quoi! La vraie! Une bataille de laine avec vos aiguilles pour complices. Et la magie de la réalité s’accomplit. Quoi de plus concret qu’un tricot, cet amas de nœuds et de possibilités qui s’organisent harmonieusement **, et que nous porterons glorieusement. Ou mieux, que nous offrirons et qui sera porté avec plaisir.

– O – o – O –

La semaine dernière, comme dans la plus grande partie de la France, il a neigé. Les merveilles du ciel et de l’eau. Beauté inégalable de la neige qui tombe, qui étouffe les sons, transforme notre perception de la spatialité, recouvre le quotidien de son manteau magique. La neige c’est un Mandrake climatique.

Le froid qui l’accompagnait l’a préservé mais a également déclenché en moi une irrépressible envie de bonnet. Et je ne sais pas résister pas à une envie de bonnet, donc : patron, fais chauffer les aiguilles, c’est ma tournée!  En fait je n’ai réalisé que que 4 bonnets : un au crochet et trois aux aiguilles. Comme deux d’entre eux étaient destinés à ma « filleule »choisie, la gentille Fée du Sud, il y a eu également les mitaines assortie à un des bonnets.

faelle-bonnet

Je suis totalement partiale mais j’aime bien le bonnet. En revanche il faudra que j’investisse dans d’autres aiguilles pour tricoter en rond car celles-ci étaient un peu petites pour faire le pouce des mitaines.

– O – o – O –

* – il est bien sûr entendu que ce sont les aiguilles qui cliquètent et pas le chat et encore moins son nez, quoique  certains chats …

** bon d’accord, certaines « harmonies » finiront leur existence au fond d’une armoire compatissante ou couverture-doudou pour le chat qui vous comprend, lui, et qui aime inconditionnellement les choses tricotées.