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COUCOU !

8 Avr

Petite primevère, fraiche fleur du printemps, au léger parfum citronné lorsqu’il forme des tapis aux lisières des bois encore dépouillés de leur verdure. Les bourgeons des arbres commencent juste à s’émouvoir du retour du printemps que les coucous fleurissent déjà, avant même les violettes.

D’un jaune éclatant comme un rayon de soleil et au corps vert satiné de la jeunesse, les coucous nous attendent : les merveilleux bouquets à cueillir dans les vents d’avril, en frissonnant sous les cris des premières hirondelles.

Et puis un matin,  alors qu’on n’ose pas encore y croire car l’air est encore bien frais, le chant du coucou retentit à nos oreilles et dans notre cœur qui bondit. Ce bandit marque bien un battement spécial pour cet insolent coucou, une envie de soleil, de bras nus, de baisers enivrants sous les pruniers en fleurs, de rondes dans les pâquerettes sous les pommiers roses et blancs.

C’est le vieux Merlin qui nous prévient : attention, nous dit-il, méfiez-vous, réjouissez-vous, je vais sortir du bois et je ne resterai pas vieux très longtemps, je vais revêtir mon habit vert et reviendrai plus troublant que jamais, le vieux Cornu redevient Puck et vous ne pourrez pas me résister.

Alors, avec un bouquet de coucou dans le rayon de soleil sur la table, la fenêtre un peu ouverte pour forcer le destin et la météo, nous attendons que Mai vienne triompher sous sa couronne d’aubépine et de roses.

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A contre temps

16 Sep

Merveille d’entre les merveilles : chaque année quand fleurissent les tilleuls j’ai à nouveau 12 ans.

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Douze ans : année de passage pour la jeune fille que j’ai été. Fini le catéchisme et les bondieuseries sous la croix. A moi Wagner et les Walkyries, à moi les nuits douces d’un interminable été à venir. Avant 16 ans l’été contient 2 mois de plus que le temps annuel imparti aux adultes sans imagination, fraude totale sur le calendrier à l’usage des plus jeunes. Combien de mois a une année lorsqu’on a 6 ans? Au moins 30 et c’est à peine suffisant.

Le parfum des tilleuls m’attend en juin et me grise chaque année avec les mêmes délices. Ce sont les roses qui ouvrent le bal et puis les seringats, enfin les tilleuls.

Ô mère de l’humanité, suave tilleul, tes bras se penchent jusqu’à nous pour envelopper avec tendresse.

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Aujourd’hui il pleut et les dernières hirondelles nous quittent. Bon voyage, revenez nombreuses enchanter les cieux et nos coeurs.

Eté

23 Juin

21 juin 2009

Dans le calme de ma campagne, tranquillement installée dans le petit cercle de buis, j’ai célébré mes dieux. Offrandes brûlant dans mon chaudron, pas de feu au sol, la saison ne s’y prête pas. Petit bûcher funéraire des offrandes de l’année, fleurs séchées sur mon autel, des graines et des fruits racornis, des coques de noix, tous offerts au feu, célébration du soleil. Embaumée par les graines d’anis étoilé, la fumée s’est répandue dans mon cercle avant de filer droit vers le sud où se consumaient trois bâtons d’encens orangé. Alors le ciel a laissé partir les nuages qu’il retenait et le chant des grillons a salué les dernières flammes.

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22 juin 2009

La journée s’étire, délicieusement interminable, clarté triomphante des longs jours. Gloire à la lumière chantent les martinets qui s’engouffrent entre les immeubles, frénésie aérienne à la gloire de l’été. Vite ils son venus et vite ils partiront. Revenez encore enchanter notre ciel urbain de votre vie fulgurante, encore et à jamais dans ma brièveté « explosive » de votre séjour.

Derrière les verres clairs mes nouvelles lunettes j’écris, et je souris de contentement en souvenir des buis qui sont enfin taillés. On peut à nouveau descendre l’allée qui relie le verger à la maison sans se contorsionner. Odeur extraordinaire et bruit extraordinaire, tailler les buis est une expérience charnelle, enveloppante. La cisaille est rapidement ralentie par la sève riche des feuilles et des rameaux. Il faut faire corps avec eux pour vérifier l’alignement, les étreindre et se laisser envelopper par leur âcreté. Ensuite, ramasser les feuilles en épaisses brassée et les conduire au fond du verger, les répandre en couche épaisse sur le carré d’orties qui a un peu trop pris ses aises. Il faudra du temps pour qu’elles réussissent à vaincre ce vert manteau et seront redevenues plus raisonnables si nous restons vigilants. Les noces de buis sont finies pour cette année mais restent les embrassades pour toute l’année.

dernier quartier de lune début de l’été

18 Juin

… arc brandi au ciel diurne

fantôme blanc au zénith

les martinets sont tes flèches …

Aiguilles et fil de fer

16 Jan

Le grand plaisir du tricot réside dans sa réalité.

En vérité, telles des Parques frileuses nous tricotons la réalité au bout de nos aiguilles.La grille ésotérique photocopiée dans une revue de l’art ou imprimée depuis un écran de la toile, nous la faisons notre.Les couleurs choisies affirment notre intention.

Nous choyons les pelotes convoitées et placées hors de portée du chat. Peine perdue : si les pelotes échappent à sa convoitise griffue, quelques poils égarés et flottant dans la pièce finiront insérés dans l’ouvrage alors qu’il essaie de voler ces aiguilles qui gigotent sous son nez en cliquetant*.

Une fois les conditions réunies : pelotes, aiguilles, modèles, temps nécessaires à l’ouvrage, un siège confortable qui soutiendra bien votre dos, le moment arrive où il va falloir tricher. Évidemment, le modèle n’est pas prévu pour l’épaisseur de la laine qui a ravi votre cœur de tricoteuse, et puis vous le voulez plus long, plus court, plus large, plus ajusté, pas avec ce type de manche, plutôt avec ce type de col …

L’aventure, quoi! La vraie! Une bataille de laine avec vos aiguilles pour complices. Et la magie de la réalité s’accomplit. Quoi de plus concret qu’un tricot, cet amas de nœuds et de possibilités qui s’organisent harmonieusement **, et que nous porterons glorieusement. Ou mieux, que nous offrirons et qui sera porté avec plaisir.

– O – o – O –

La semaine dernière, comme dans la plus grande partie de la France, il a neigé. Les merveilles du ciel et de l’eau. Beauté inégalable de la neige qui tombe, qui étouffe les sons, transforme notre perception de la spatialité, recouvre le quotidien de son manteau magique. La neige c’est un Mandrake climatique.

Le froid qui l’accompagnait l’a préservé mais a également déclenché en moi une irrépressible envie de bonnet. Et je ne sais pas résister pas à une envie de bonnet, donc : patron, fais chauffer les aiguilles, c’est ma tournée!  En fait je n’ai réalisé que que 4 bonnets : un au crochet et trois aux aiguilles. Comme deux d’entre eux étaient destinés à ma « filleule »choisie, la gentille Fée du Sud, il y a eu également les mitaines assortie à un des bonnets.

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Je suis totalement partiale mais j’aime bien le bonnet. En revanche il faudra que j’investisse dans d’autres aiguilles pour tricoter en rond car celles-ci étaient un peu petites pour faire le pouce des mitaines.

– O – o – O –

* – il est bien sûr entendu que ce sont les aiguilles qui cliquètent et pas le chat et encore moins son nez, quoique  certains chats …

** bon d’accord, certaines « harmonies » finiront leur existence au fond d’une armoire compatissante ou couverture-doudou pour le chat qui vous comprend, lui, et qui aime inconditionnellement les choses tricotées.

Au fil de la route : les éoliennes

14 Nov

Grands oiseaux aux ailes immenses, enfants d’Eole s’il faut en croire leur nom, les éoliennes sont apparues dans notre paysage.

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) - photo de Setanta

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) – photo de Setanta

Quand Ulysse (Odysseus) erre sur les mers à la recherche d’Ithaque,  il rencontre Eole et ses enfants.

« Et tout un mois Aiolos m’accueillit, et il m’interrogeait sur Ilios, sur les nefs des Argiens et sur le retour des Akhaiens. Et je lui racontai toutes ces choses comme il convenait. Et quand je lui demandai de me laisser partir et de me renvoyer, il ne me refusa point et il prépara mon retour. Et il me donna une outre, faite de la peau d’un boeuf de neuf ans, dans laquelle il enferma le souffle des Vents tempétueux ; car le Kroniôn l’avait fait le maître des Vents, et lui avait donné de les soulever ou de les apaiser, selon sa volonté. Et, avec un splendide câble d’argent, il l’attacha dans ma nef creuse, afin qu’il n’en sortît aucun souffle. Puis il envoya le seul Zéphyros pour nous emporter, les nefs et nous. » Chant 10 de l’Odyssée, traduction de Leconte de Lisle.

Malheureusement la cupidité de ses compagnons de voyage, les empêchent de regagner leur patrie. Au neuvième jour, alors qu’ils arrivent au large des côtes et que la vigilance d’Ulysse baisse, ils ouvrent l’outre et tous les vents prisonniers s’échappent. Ils se retrouvent à nouveau chez Eole qui refuse de les aider à nouveau.

Abandonnés par les Dieux, ils doivent alors continuer leur long voyage, d’abord chez les Lestrygons qui vont tous les dévorer sauf un bateau puis chez Circé qui les transforment : « … les frappant d’une baguette, elle les renferma dans les étables à porcs. Et ils avaient la tête, la voix, le corps et les soies du porc, mais leur esprit était le même qu’auparavant. Et ils pleuraient, ainsi renfermés ; et Kirkè leur donna du gland de chêne et du fruit de cornouiller à manger, ce que mangent toujours les porcs qui couchent sur la terre. »

Serons nous capables de suivre le Zéphir, de ne plus céder à la cupidité qui nous aveugle et nous fait nous entredéchirer. Devrons nous dormir par terre en pleurant, après avoir tout dévoré et tout perdu?

Pour lire l’Odyssée (traduction de Leconte de Lisle)  sur Gallica.

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Je suis le blé d’hiver

31 Oct

Au passage de l’année, le temps se met au diapason. Vent d’Est, vent du Nord, froidure et pluie, neige aux marches limousines, doigts gelés dans les poches.

Réjouissons-nous, Celtes, la nouvelle année approche, comme la nuit engendre le jour, les jours sombres préparent ceux de la lumière. Mais il faudra d’abord s’arrêter pour écouter le monde autour de nous et puis s‘arrêter pour s‘écouter.  Se retrouver face à soi, sans masque, pour essayer de comprendre nos peurs et nos souffrances, les laisser entrer pour qu’elles ne rôdent plus autour de nos cœurs vacillants. Enfin, les faire siennes pour ne plus être désarmé, perdu. Pour pouvoir les assimiler, les digérer et aller vers notre lumière en toute connaissance de soi.

Travail incessant que la conquête de son existence, à travers l’enfance, l’adolescence, la maturité et au-delà. Nous sommes les Sisyphes de nos vies, pour que le boulet de nos angoisses devienne les roues qui nous emportent. Les fers de nos chaînes doivent devenir l’acier de nos moteurs. Plus fort parce que plus humble.

L’humilité n’est pas l’abjecte soumission aux forces supérieures, non c’est reconnaître tout ce que nous valons, tout ce que  nous voulons, tout ce qui nous reste à accomplir. C’est reconnaître que nous sommes en devenir. Nous sommes peu de choses face à l’Univers, mais nous ne sommes pas insignifiants, nous sommes Tout, tout ce que contient l’Univers est également en nous.

Comme la graine qui dort dans la Terre, nous naîtrons dans l’ombre puissante, épaisse, nourricière, pour grandir et monter vers la lumière. L’Air puissant nous appelle et nous voulons le rejoindre pour pouvoir nous y épanouir. Étendre les bras au plus loin, le Feu parcourant nos veines. Nourris par l’Eau du Temps, qui nous emporte et nous fait évoluer.

Nous sommes l’avant-Taliesin, nous sommes le grain avalé par Cerridwen, choyé, transmuté par sa chaleur et sa puissance, attendant de retrouver la lumière.

Chasse sauvage des nuages dans le ciel de ce dernier jour d’octobre, j’irai graver un bâton en ton honneur, comme pour chaque fête, et plus tard nous irons le planter dans la clairière, symbolisant notre respect pour la grande roue du Temps.

Ce soir, nous regarderons dans les miroirs de notre âme, et si nous ne sommes que nous, du moins, nous sommes!

GRIGRIS

30 Avr

J’aime les grigris et toutes sortes de porte-bonheurs, surtout ceux qui sont fabriqués pour une occasion spéciale. C’est une petite magie à l’oeuvre, la volonté que les evénements se passent du mieux possible et nous permettent de nous exprimer comme nous le souhaitons.

Celui-ci est en perles rouge et or ,

il a été réalisé à l’occasion de la naissance de mon petit neveu. Je voulais l’encourager à être des nôtres et offrir une pensée affectueuse à sa toute jeune maman dont c’est le premier enfant.

*** LEO’S RISING ***

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Il faudra que je fasse attention à mes fonds pour les photos mais c’est bien pratique comme matière pour empêcher les perles de rouler dans tous les sens juste quand vous en avez besoin.