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COUCOU !

8 Avr

Petite primevère, fraiche fleur du printemps, au léger parfum citronné lorsqu’il forme des tapis aux lisières des bois encore dépouillés de leur verdure. Les bourgeons des arbres commencent juste à s’émouvoir du retour du printemps que les coucous fleurissent déjà, avant même les violettes.

D’un jaune éclatant comme un rayon de soleil et au corps vert satiné de la jeunesse, les coucous nous attendent : les merveilleux bouquets à cueillir dans les vents d’avril, en frissonnant sous les cris des premières hirondelles.

Et puis un matin,  alors qu’on n’ose pas encore y croire car l’air est encore bien frais, le chant du coucou retentit à nos oreilles et dans notre cœur qui bondit. Ce bandit marque bien un battement spécial pour cet insolent coucou, une envie de soleil, de bras nus, de baisers enivrants sous les pruniers en fleurs, de rondes dans les pâquerettes sous les pommiers roses et blancs.

C’est le vieux Merlin qui nous prévient : attention, nous dit-il, méfiez-vous, réjouissez-vous, je vais sortir du bois et je ne resterai pas vieux très longtemps, je vais revêtir mon habit vert et reviendrai plus troublant que jamais, le vieux Cornu redevient Puck et vous ne pourrez pas me résister.

Alors, avec un bouquet de coucou dans le rayon de soleil sur la table, la fenêtre un peu ouverte pour forcer le destin et la météo, nous attendons que Mai vienne triompher sous sa couronne d’aubépine et de roses.

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Eté

23 Juin

21 juin 2009

Dans le calme de ma campagne, tranquillement installée dans le petit cercle de buis, j’ai célébré mes dieux. Offrandes brûlant dans mon chaudron, pas de feu au sol, la saison ne s’y prête pas. Petit bûcher funéraire des offrandes de l’année, fleurs séchées sur mon autel, des graines et des fruits racornis, des coques de noix, tous offerts au feu, célébration du soleil. Embaumée par les graines d’anis étoilé, la fumée s’est répandue dans mon cercle avant de filer droit vers le sud où se consumaient trois bâtons d’encens orangé. Alors le ciel a laissé partir les nuages qu’il retenait et le chant des grillons a salué les dernières flammes.

solstice-été_2009

22 juin 2009

La journée s’étire, délicieusement interminable, clarté triomphante des longs jours. Gloire à la lumière chantent les martinets qui s’engouffrent entre les immeubles, frénésie aérienne à la gloire de l’été. Vite ils son venus et vite ils partiront. Revenez encore enchanter notre ciel urbain de votre vie fulgurante, encore et à jamais dans ma brièveté « explosive » de votre séjour.

Derrière les verres clairs mes nouvelles lunettes j’écris, et je souris de contentement en souvenir des buis qui sont enfin taillés. On peut à nouveau descendre l’allée qui relie le verger à la maison sans se contorsionner. Odeur extraordinaire et bruit extraordinaire, tailler les buis est une expérience charnelle, enveloppante. La cisaille est rapidement ralentie par la sève riche des feuilles et des rameaux. Il faut faire corps avec eux pour vérifier l’alignement, les étreindre et se laisser envelopper par leur âcreté. Ensuite, ramasser les feuilles en épaisses brassée et les conduire au fond du verger, les répandre en couche épaisse sur le carré d’orties qui a un peu trop pris ses aises. Il faudra du temps pour qu’elles réussissent à vaincre ce vert manteau et seront redevenues plus raisonnables si nous restons vigilants. Les noces de buis sont finies pour cette année mais restent les embrassades pour toute l’année.