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spirales de fer et de goudron

15 Mar

Le temps tourne et les fils de fer s’enroulent pour former des spirales et des bracelets.

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et comme j’ai de la chance  mon compagnon apprécie mes « ferrailleries » , mieux : il les porte en public.

Il m’a emmené aujourd’hui faire un tour sur la Côte Sauvage à côté de Royan, le temps était magnifique, l’eau très fraiche (mais vraiment très fraiche, glagla les orteils). Nous avons pu admirer les surfeurs locaux arpenter les verts rouleaux de l’Atlantique tel Dylan né de la neuvième vague, prêts à voir surgir les blancs chevaux marins.

Mais non, nous n’avons vu passer sur le sable que des chars à voile et puis peut être, mais je les attends avec une telle impatience que j’ai pu voir ce que j’espérais, une hirondelle fendant l’air par dessus les dunes.

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Spirales et retours vers les horizons aimés, qui peut resister à la beauté de l’océan, à sa puissance. Entendre ses grondements c’est être happé par leur puissance, la conscience entre dans une espèce d’expansion, de dilatation, une dissolution, une acceptation d’appartenir à un tout, à un mouvement, un tourbillon d’énergie et de vie. Nos corps gorgés d’eau doivent aussi connaître leurs marées fantastiques, j’étais persuadée que Rimbaud avait écrit  » Ô que ma quille éclate! Ô que je retourne à l’eau!  » mais non c’était :  » Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !* « . Le sentiment change avec les mots qui le définissent. Je préfère cet abandon devant l’incommensurable à  l’anéantissement, la certitude que nous pouvons aller au-delà de nous mêmes, atteindre nos vérités par et au delà de nous mêmes, nous ne sommes pas rien aux regards de l’Univers, nous sommes l’Univers. Les lisières de l’Océan me rendent très humble et très présomptueuse. Bien fait pour moi, mon nez a écopé de son premier coup de soleil de l’année

royan_21-octobre-2007-018 Merci cher compagnon d’être encore venu marcher avec moi vers les mêmes plages .

Au fil de la route : les éoliennes

14 Nov

Grands oiseaux aux ailes immenses, enfants d’Eole s’il faut en croire leur nom, les éoliennes sont apparues dans notre paysage.

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) - photo de Setanta

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) – photo de Setanta

Quand Ulysse (Odysseus) erre sur les mers à la recherche d’Ithaque,  il rencontre Eole et ses enfants.

« Et tout un mois Aiolos m’accueillit, et il m’interrogeait sur Ilios, sur les nefs des Argiens et sur le retour des Akhaiens. Et je lui racontai toutes ces choses comme il convenait. Et quand je lui demandai de me laisser partir et de me renvoyer, il ne me refusa point et il prépara mon retour. Et il me donna une outre, faite de la peau d’un boeuf de neuf ans, dans laquelle il enferma le souffle des Vents tempétueux ; car le Kroniôn l’avait fait le maître des Vents, et lui avait donné de les soulever ou de les apaiser, selon sa volonté. Et, avec un splendide câble d’argent, il l’attacha dans ma nef creuse, afin qu’il n’en sortît aucun souffle. Puis il envoya le seul Zéphyros pour nous emporter, les nefs et nous. » Chant 10 de l’Odyssée, traduction de Leconte de Lisle.

Malheureusement la cupidité de ses compagnons de voyage, les empêchent de regagner leur patrie. Au neuvième jour, alors qu’ils arrivent au large des côtes et que la vigilance d’Ulysse baisse, ils ouvrent l’outre et tous les vents prisonniers s’échappent. Ils se retrouvent à nouveau chez Eole qui refuse de les aider à nouveau.

Abandonnés par les Dieux, ils doivent alors continuer leur long voyage, d’abord chez les Lestrygons qui vont tous les dévorer sauf un bateau puis chez Circé qui les transforment : « … les frappant d’une baguette, elle les renferma dans les étables à porcs. Et ils avaient la tête, la voix, le corps et les soies du porc, mais leur esprit était le même qu’auparavant. Et ils pleuraient, ainsi renfermés ; et Kirkè leur donna du gland de chêne et du fruit de cornouiller à manger, ce que mangent toujours les porcs qui couchent sur la terre. »

Serons nous capables de suivre le Zéphir, de ne plus céder à la cupidité qui nous aveugle et nous fait nous entredéchirer. Devrons nous dormir par terre en pleurant, après avoir tout dévoré et tout perdu?

Pour lire l’Odyssée (traduction de Leconte de Lisle)  sur Gallica.

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