Archive | novembre, 2008

Au fil de la route : les éoliennes

14 Nov

Grands oiseaux aux ailes immenses, enfants d’Eole s’il faut en croire leur nom, les éoliennes sont apparues dans notre paysage.

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) - photo de Setanta

Eoliennes de St Amant de Boixe (16) – photo de Setanta

Quand Ulysse (Odysseus) erre sur les mers à la recherche d’Ithaque,  il rencontre Eole et ses enfants.

« Et tout un mois Aiolos m’accueillit, et il m’interrogeait sur Ilios, sur les nefs des Argiens et sur le retour des Akhaiens. Et je lui racontai toutes ces choses comme il convenait. Et quand je lui demandai de me laisser partir et de me renvoyer, il ne me refusa point et il prépara mon retour. Et il me donna une outre, faite de la peau d’un boeuf de neuf ans, dans laquelle il enferma le souffle des Vents tempétueux ; car le Kroniôn l’avait fait le maître des Vents, et lui avait donné de les soulever ou de les apaiser, selon sa volonté. Et, avec un splendide câble d’argent, il l’attacha dans ma nef creuse, afin qu’il n’en sortît aucun souffle. Puis il envoya le seul Zéphyros pour nous emporter, les nefs et nous. » Chant 10 de l’Odyssée, traduction de Leconte de Lisle.

Malheureusement la cupidité de ses compagnons de voyage, les empêchent de regagner leur patrie. Au neuvième jour, alors qu’ils arrivent au large des côtes et que la vigilance d’Ulysse baisse, ils ouvrent l’outre et tous les vents prisonniers s’échappent. Ils se retrouvent à nouveau chez Eole qui refuse de les aider à nouveau.

Abandonnés par les Dieux, ils doivent alors continuer leur long voyage, d’abord chez les Lestrygons qui vont tous les dévorer sauf un bateau puis chez Circé qui les transforment : « … les frappant d’une baguette, elle les renferma dans les étables à porcs. Et ils avaient la tête, la voix, le corps et les soies du porc, mais leur esprit était le même qu’auparavant. Et ils pleuraient, ainsi renfermés ; et Kirkè leur donna du gland de chêne et du fruit de cornouiller à manger, ce que mangent toujours les porcs qui couchent sur la terre. »

Serons nous capables de suivre le Zéphir, de ne plus céder à la cupidité qui nous aveugle et nous fait nous entredéchirer. Devrons nous dormir par terre en pleurant, après avoir tout dévoré et tout perdu?

Pour lire l’Odyssée (traduction de Leconte de Lisle)  sur Gallica.

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Au fil de la route : Pontlevoy – 41

10 Nov

Au retour d’un magnifique (et trop court) séjour dans la forêt d’Orléans, nous avons regagné Poitiers via les routes nationales et départementales. Tout d’abord parce que l’automne est magnifique à parcourir à travers les régions qui se succèdent mais aussi parce que nous pensions que le trajet serait moins éprouvant que par l’autoroute. Une fois de plus, nous avons pu constater que chaque choix cache une surprise. C’est ainsi que nous avons brièvement parcouru la ville de Pontlevoy (41) et découvert son champ de foire, le mémorial en l’honneur du créateur de la race ovine de la Charmoise :

buste d'Edouard Malingié

buste d'Edouard MALINGIE

une charmante et inattendue bibliothèque scolaire aux armes franc-maçonnes :

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et quelques frayeurs mécaniques.

Ce qui devait à l’origine être une « micro » halte de 5 minutes, s’est transformée en une attente d’une bonne heure et demie. Au moment fatal du départ, lorsque la clef a tourné dans le contact, il n’y a eu pour seule réponse qu’un petit « clic » suivi d’un grand silence. Très net le silence, et apparemment très définitif. Mon chauffeur préféré a même réessayé pour être sûr, et nous avons obtenu la même réponse : « clic ».

Heureusement les cieux sont demeurés cléments pour les pauvres voyageurs dénués de tout sens mécanique, on soupçonnait quand même un  problème d’électricité, une fantaisie de la batterie et sûrement pas l’alternateur tout neuf greffé de jeudi sur notre vénérable Visa. Les habitants de Pontlevoy sont serviables et sympathiques et  grâce aux indications d’un gentille dame nous nous sommes rendus au garage le plus proche. Faites comme nous, essayez de tomber en panne à 500 mètres d’un garage. La chance était quand même avec nous car il n’a pas plu tout le temps de nos pérégrinations.

Arrivés devant le garage, il est 13h05 et s’il est fermé le lundi matin il doit ouvrir ses portes à 14h00. Nous scrutons la vitrine à la recherche d’un message indiquant que le garage est fermé à l’occasion du pont du 11 novembre … non, rien. Ouf! Un peu rassurés nous remontons la rue nous réchauffer devant une tasse de café. 13h36 : nous quittons le café, un petit crochet par le champ de foire où nous attend la voiture pour tenter une nouvelle fois notre chance : « clic ». 14h00 : nous sommes depuis 10 minutes devant le garage. Le vent est de plus en plus frais et de plus en plus énergique. Le chien qui dort dans la vitrine du bureau semble irradier un très net sentiment de supériorité en nous lançant un regard (faussement) nonchalant. 14h05, 14h10, toujours personne. Je remets  mon chapeau et j’enfonce fermement les mains aux fonds de mes poches, le vent est très persuasif et je le soupçonne également de manifester un fort sentiment de supériorité. Les pannes automobiles me rendent parano, j’en ai bien peur.

Heureusement un employé municipal travaillait au foyer rural de l’autre côté de la rue et mon cher chauffeur, écoutant son instinct, est allé lui demander si le garage ouvrait bien en lundi 10 novembre. Ce monsieur très gentil, dont nous ignorons malheureusement le nom, nous a très gentiment aidé à redémarrer notre voiture (un problème de cosses de batterie) et expliqué la manœuvre (simple au possible, il faudra vraiment qu’au moins un de nous deux se décide à prendre des cours de mécanique) si le « clic » refaisait des siennes.

Autant dire que nous avons fini le voyage en rentrant directement.

Cher monsieur qui nous avez secouru  : encore merci!